C'est dans une toute petite ruelle, rue Bartayres, que se cache L'Hydre d'Agen. C'est un grand espace de travail et d'exposition, à la fois vie d'atelier et galerie moderne, créé par un collectif de trois artistes de l'association Studiolo, aux disciplines et univers différents. Il y exposent leurs œuvres de façon permanente et organisent aussi des expositions temporaires d'autres artistes. Grâce à Sonia Jacqueline, la galerie a accueilli les internes du mercredi après-midi pour des rencontres avec des œuvres et des moments partagés avec Stéphanie Desbonnet, Christophe Chevreau et Thierry Gavard.
A la découverte du caviardage
Première visite le 12 février. L'exposition "Drôle de poésie" de Stéphanie Desbonnet (signant ses oeuvres : DS / L'effet-Zébré) permet de découvrir le caviardage. Consistant à rayer à l'encre noire certains mots ou passages d'un texte, à l'origine dans le but de le censurer, c'est une technique artistique qui permet une grande liberté d'écriture poétique.
Il s'agit de se dégager du texte préexistant pour créer son propre texte, son propre sens : on commence par choisir des mots qui nous plaisent, qui nous touchent, puis on en garde d'autres qui vont s'associer avec les premiers. On élimine au feutre noir tout ce qu'on ne veut pas garder, et il reste une phrase ou une expression originale et parfois surprenante, qui joue avec les mots et les émotions.
Stéphanie Desbonnet met en forme ses caviardages en utilisant toujours des pages de vieux livres qu'elle ne veut pas jeter, en ajoutant des dessins en rapport avec les mots, en créant des supports et des cadres qui les mettent en valeur.
Afin d'initier les internes volontaires à cette forme de création artistique, Stéphanie est venue au collège le 11 mars pour animer un atelier. Lola, Julia, Sherine, Aywenn, Lyhra se sont prêtées à l'exercice.
Quelques exemples de leurs productions : "Le parchemin coula, il sombrait, s'engloutissait.", "Seulement ces heures interminables de souvenirs d'été", "Un film ? Le rêve.", "Trois amis : Marine, Félicien, Marcos", "Lui offrir nos souvenirs", "Une vieille maison où j'avais trouvé la joie", "Nous allons regagner la côte lorsque le soleil jettera ses premiers regards sur l'île", "Offrir un cadeau... n'en parlons plus.", "Ficelle : il s'agit d'une amusante scène qui danse à la surface de la raison.", "Finalement, espérer ne me permettait pas de continuer."
Un moment tellement hors du temps qu'on en a oublié l'horaire de l'étude du soir !
Quand photo et peinture se mêlent
Christophe Chevreau, qui expose de façon permanente à l'Hydre, explique aux internes qu'il a toujours peint et dessiné. A quinze ans, il a découvert la photographie, et il en a fait son métier pendant plus de trente ans. Il prenait des clichés de Paris où il vivait, à la fois des quartiers, de l'architecture, du monde de la rue, des scènes de vie quotidienne, des couloirs du métro, des passants.
Puis il a associé ses deux passions : c'est la rencontre de la photo et de la peinture. Il recrée alors de nouvelles images en mélangeant ces deux moyens d'expressions.
Les internes ont aimé la façon dont il redonne vie à des photos en noir et blanc grâce aux couleurs du pinceau. Ils ont aussi aimé les lieux et les scènes représentés, des immeubles et rues de Paris aux tags et graffitis sur les murs urbains. "On dirait vraiment des photos !"
De la linogravure aux estampes
Le 19 mars, retour à la galerie, cette fois pour découvrir l'expo temporaire "Estampes japonaises" de Thierry Gavard, qui utilise la technique de la linogravure. C'est un procédé de gravure en relief sur du linoléum, qui consiste à enlever de la matière pour laisser uniquement le motif qui sera encré, avant de le presser pour que le papier ne conserve que les empreintes de l'encre, donc du dessin. M. Gavard travaille ensuite aux pastels pour colorer la gravure.
Pour faire une démonstration de la technique, l'artiste avait amené tout son matériel : le linoléum sur lequel il avait gravé des portraits de personnages de manga pour intéresser les élèves, une pâte d'encre qu'il a écrasée avant d'y passer le rouleau encreur, et la presse datant d'une centaine d'années qu'il utilise pour ses estampes.
Les internes sont repartis chacun avec une gravure sur papier, souvenir d'un moment enrichissant qui en appelle d'autres, qui sait, pour de nouveaux projets à construire ensemble...
Un immense merci à Sonia Jacqueline pour nous avoir ouvert les portes de la galerie de l'Hydre,
et à Stéphanie Desbonnet, Christophe Chevreau, et Thierry Gavard pour ce temps précieux offert aux internes.
Pour en savoir plus sur l'Hydre, c'est ici !